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Temps et histoire – réflexions historiques et philosophiques sur le devenir.
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🎓 Paideía – débats sur l’éducation, la transmission, et la formation de l’esprit critique,…
⚙️Technè kai pólis – discussions sur la technique, le travail et l’organisation sociale,…
⚔️ Agôn politikós – joutes philosophiques sur les passions politiques et les antagonismes contemporains,…
🏙️ La cité disputée – controverses culturelles, identitaires, religieuses,…

Que signifie « Tertulias »?

Le mot peut surprendre. Il sonne étranger, il l’est — espagnol, plus précisément. Mais il recouvre une réalité à la fois ancienne et intensément actuelle : celle d’un lieu, d’un moment, où la pensée s’exprime à voix haute, se risque, se partage.

Une tertulia, dans la tradition hispanique, est une réunion informelle, souvent dans un café, parfois dans un salon privé, où l’on échange des idées, où l’on discute de littérature, de politique, de philosophie. Ce n’est pas une conférence, ni un débat au sens conflictuel ; c’est une conversation — vive, parfois animée, mais toujours portée par un souci commun : celui de comprendre le monde et soi-même à travers la parole partagée.

Pourquoi avoir choisi ce mot, et non pas « discussion », « séminaire » ou même « atelier » ?

Parce que la tertulia évoque quelque chose de plus chaleureux, de plus libre, de plus enraciné dans le quotidien. Elle ne sacralise pas la parole académique, elle ne fige pas le savoir dans une posture d’autorité. Elle crée un espace d’égalité intellectuelle, où l’on peut à la fois apprendre, contester, explorer, tâtonner — sans craindre d’avoir tort.

À l’heure où les réseaux sociaux façonnent nos manières de débattre dans des formats toujours plus brefs, « algorithmés », polarisés et émotionnels, les tertulias se veulent une alternative respectueuse des différentes opinions. Elles invitent à ralentir, à écouter avant de répondre, à chercher la complexité plutôt que l’opposition binaire, à comprendre pour ne pas juger. Elles rappellent que penser demande du temps, de la rigueur, mais aussi de l’hospitalité intellectuelle.

Dans cette section, deux types de contenus se rencontrent : d’un côté, des articles et analyses philosophiques sur des thèmes universels — temps, liberté, nature, langage, technique… ; de l’autre, des dialogues imaginés entre plusieurs voix, inspirés de problématiques contemporaines ou classiques, où les idées s’affrontent sans se réduire l’une l’autre.

Cette démarche s’inscrit dans une tradition vivante. L’histoire des tertulias en Espagne est jalonnée de figures majeures : Miguel de Unamuno, Ortega y Gasset, Federico García Lorca ou encore María Zambrano, qui fréquentaient les cafés madrilènes comme le Café Gijón ou l’Ateneo de Madrid, véritables creusets de pensée et de création. Le jeune Picasso lui-même intégra le cercle des artistes et intellectuels qui assistaient aux tertulias du café Els Quatre Gats de Barcelone.

Ces lieux étaient des incubateurs d’idées, tout comme le furent, en France, les salons parisiens du XVIIIe siècle, animés par des femmes d’esprit comme Madame du Deffand ou Madame Geoffrin, où philosophes et écrivains venaient confronter leurs points de vue autour d’un esprit de liberté, de conversation, de finesse.

Faire vivre des tertulias philosophiques, aujourd’hui, c’est tenter de retrouver l’esprit du dialogue socratique, mais sans l’idéaliser. C’est offrir un lieu pour penser ensemble, non pas pour imposer une vérité, mais pour en chercher les conditions — dans les écarts, dans les désaccords, dans les nuances.

Alors oui, ce mot vient d’ailleurs. Mais il nomme quelque chose dont nous avons un besoin urgent ici et maintenant : un espace vivant, libre, critique, où la philosophie descend de sa chaire pour s’asseoir à notre table.

Les débatteurs imaginaires des Tertulias de Sagesses.

Ces interlocuteurs fictifs incarnent diverses postures philosophiques. À travers leurs échanges, ils confrontent leurs idées, et nous invitent à penser autrement.


📚🪶 Esteban Ruiz
Âge : 60 ans
Profession : Professeur de philosophie et historien
Parcours : Petit-fils d’exilés républicains espagnols ayant fui le franquisme, Esteban Ruiz incarne une mémoire européenne douloureuse, mais féconde. Ancien militant socialiste, il a peu à peu pris ses distances avec les partis pour mieux revenir à l’essentiel : la pensée critique. Sa voix est celle de la nuance, du souci de vérité, du dialogue ancré dans les humanités. Il aime invoquer les Anciens, convoquer les Modernes, et ne sacrifie jamais la complexité aux slogans.
Rôle dans les débats : Arbitre philosophe. Il éclaire les controverses sans imposer de ligne. Il synthétise, apaise parfois, relance souvent. Il se méfie des certitudes closes, même quand elles viennent de son propre camp.

🧑‍🎓 Lucas Martin
Âge : 22 ans
Statut : Étudiant en Licence d’histoire
Orientation : Patriote, souverainiste, proche du Rassemblement National. Il critique fermement l’Union européenne, qu’il perçoit comme un carcan technocratique et néolibéral. Très attentif aux enjeux d’identité et d’immigration, il craint une dilution de la culture française et européenne. Mais sa posture n’est pas seulement défensive : il appelle à un renouveau politique national, plus enraciné, plus protecteur.
Rôle dans les débats : L’élément de rupture. Lucas parle sans détours, de temps en temps avec provocation, mais toujours avec un besoin sincère d’argumenter. Il incarne cette jeunesse désenchantée par le discours républicain dominant, en quête de repères et d’autorité.

👩‍🎓 Camila Navarro
Âge : 21 ans
Statut : Étudiante en Licence d’humanités
Orientation : Écologiste, socialiste, féministe. Elle milite pour une société plus juste, plus égalitaire, plus respectueuse des vivants — humains comme non-humains. Très attentive aux fractures sociales, elle critique l’école méritocratique, les inégalités de destin, et plaide pour une politique de solidarité réelle. L’écologie, pour elle, n’est pas une option, mais un cadre existentiel.
Rôle dans les débats : La voix de la justice sociale et de l’urgence écologique. Camila parle avec conviction, parfois avec indignation. Elle donne corps à une jeunesse militante, révoltée, mais encore ouverte à la discussion quand elle est sincère.