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Philosophie première
Notion de Philosophie Première
La philosophie première, selon Aristote, est la science qui étudie l’être en tant qu’être. C’est la discipline la plus universelle, car elle ne s’occupe pas d’un type spécifique d’être, mais de l’essence même de l’existence. Son objet est l’être dans son sens le plus large, c’est-à-dire ce qui possède une existence de manière générale.
Exemple : Si l’on parle d’un rocher et d’un arbre, la philosophie première ne s’intéresse pas aux caractéristiques spécifiques de chacun, mais à ce que signifie « être » en général, en tant qu’existence même.
Objet de la Philosophie Première
L’objet de la philosophie première est l’étude des causes et des principes de l’être. Aristote la définit comme l’investigation de ce qui est, indépendamment des changements particuliers ou des limites des sciences particulières. Son but est d’atteindre une connaissance absolue de la nature de l’être.
Exemple : Dans la discussion sur l’être, on peut poser la question de pourquoi quelque chose existe en premier lieu, et non simplement comment ou dans quelles conditions les choses particulières existent.
Essence
L’essence est la caractéristique fondamentale qui définit quelque chose comme ce qu’il est, ce qui permet de l’identifier comme un être particulier. C’est ce qui ne peut être séparé de l’être d’un objet. Aristote considère que comprendre l’essence de quelque chose, c’est en saisir le cœur, au-delà de ses accidents ou de ses attributs changeants.
Exemple : L’essence d’une table ne se réduit pas à sa forme physique ou à sa couleur, mais réside dans sa fonction de support.
L’Analogie
Dans la philosophie aristotélicienne, l’analogie désigne le rapport proportionnel pouvant exister entre différents modes d’être. Aristote utilise l’analogie pour expliquer comment certaines propriétés ou relations peuvent se dire de manière semblable, sans être identiques, à propos de choses différentes. Cela permet une connaissance plus large et plus souple des êtres.
Exemple : Si l’on dit qu’un médecin « guérit » une personne et qu’une mère « guérit » son enfant, on utilise une analogie : la guérison n’est pas identique dans les deux cas, mais il existe une relation de soin ou de restauration dans les deux contextes.
Propriétés de l’Être
Les propriétés de l’être incluent les caractéristiques qui découlent de l’essence des êtres. Parmi elles, on distingue l’unité, la vérité, la permanence et la divisibilité, qui sont des propriétés fondamentales applicables à tout être, mais selon des degrés et des modalités différents selon leur nature.
Exemple : La propriété de l’unité se réfère à la capacité d’un être à être un, indivisible, comme une pierre ; tandis que la divisibilité se constate dans les êtres comme les liquides, qui peuvent être divisés en parties sans perdre leur essence.
Les Modes de l’Être
Aristote distingue plusieurs modes d’être, comme l’être substantiel, qui est l’être dans sa forme la plus complète, et l’être accidentel, qui se rapporte aux attributs pouvant changer sans que l’être cesse d’être ce qu’il est. Ces modes permettent de comprendre les diverses manières dont un être peut exister.
Exemple : Un arbre possède un être substantiel car c’est un être indépendant doté de sa propre existence. La couleur de ses feuilles est un être accidentel, car elle peut changer sans que l’arbre cesse d’être un arbre.
Acte et Puissance
L’acte désigne ce qu’est une chose dans sa pleine réalisation, tandis que la puissance désigne ce qu’elle est en capacité ou en possibilité. Cette distinction est essentielle pour comprendre le changement et le mouvement dans le monde. Tout être possède un potentiel pour atteindre un état de perfection ou de complétude (acte), mais ce potentiel ne se réalise qu’avec le temps.
Exemple : Un embryon humain est en puissance d’être un adulte, mais c’est seulement à travers le développement et le temps qu’il se réalise en acte sous sa forme adulte.
Catégories
Les catégories sont une classification des différentes formes d’être ou des modes de prédication applicables aux êtres. Aristote en distingue dix, dont la substance, la quantité, la qualité, la relation, le lieu, le temps, entre autres. Ces catégories sont fondamentales pour l’analyse logique et ontologique.
Exemple : Dans la phrase « Le grand chien court rapidement », la substance est le chien, la quantité est « grand », l’action est « court », et la relation pourrait être « rapidement ».
Substance
La substance est l’être qui subsiste par lui-même, c’est-à-dire qui n’a pas besoin d’un autre pour exister. Aristote identifie la substance comme ce qui possède une existence autonome, et tout le reste (les accidents) dépend de la substance pour être dit d’elle.
Exemple : Un arbre est une substance car il existe par lui-même, tandis que la couleur de ses feuilles est un accident qui dépend de l’arbre pour exister.
Accidents
Les accidents sont les attributs ou propriétés qui n’affectent pas l’essence d’un être. Ils peuvent varier sans changer l’identité de l’être, comme la couleur, la taille ou la position. Ce sont des caractéristiques secondaires qui ne définissent pas ce qu’est un être dans sa profondeur.
Exemple : La taille d’une personne est un accident, car elle peut changer (grandir ou rétrécir) sans affecter son identité essentielle comme être humain.
Postprédicat
Le postprédicat désigne ce qu’on dit d’un sujet après avoir affirmé quelque chose à son propos. Les accidents sont des exemples de ce qui peut être prédiqué dans un postprédicat. Il s’agit de caractéristiques ajoutées à l’être, mais qui ne sont pas essentielles à son existence.
Exemple : Si l’on affirme que « Jean est grand », on décrit un accident (la taille) qui appartient à Jean, mais ne constitue pas son essence.
Les Causes
Aristote soutient que tout changement ou mouvement possède quatre causes :
- Cause matérielle : La matière dont quelque chose est fait.
- Cause formelle : La forme ou la structure qui définit une chose.
- Cause efficiente : L’agent qui produit le changement.
- Cause finale : Le but ou la fin pour laquelle quelque chose est ou advient.
Exemple : Pour comprendre un tableau :
- La cause matérielle est la peinture et la toile.
- La cause formelle est la composition visuelle du tableau.
- La cause efficiente est le peintre qui le crée.
- La cause finale est le but de transmettre une idée ou une émotion.
Le Premier Principe
Le premier principe, selon Aristote, est le principe de non-contradiction : un être ne peut pas être et ne pas être en même temps et sous le même rapport. Ce principe est fondamental pour la logique et la métaphysique, car il constitue la base de tout raisonnement cohérent.
Exemple : Si l’on affirme que « cet objet est une chaise » et que l’on dit aussi « cet objet n’est pas une chaise », on tombe dans une contradiction qui rend impossible tout raisonnement valable.
Physique
L’Être Mobile
Aristote considère que l’être mobile est celui qui est en changement ou en mouvement constant. Contrairement à d’autres philosophes comme Parménide, qui niaient la réalité du changement, Aristote affirme que le changement fait partie intégrante de la réalité, et que la physique étudie les principes et les causes de ce changement.
Exemple : Un exemple quotidien d’être mobile est une pomme qui tombe au sol. Son mouvement fait partie du changement naturel dans le monde physique.
Le Lieu
Le lieu (ou espace) est le milieu dans lequel les êtres se trouvent. Aristote le conçoit comme l’espace vide entouré par les parties des corps qui le contiennent. Le lieu n’est pas un vide en soi, mais une condition du mouvement et du repos des êtres.
Exemple : Le lieu où se trouve un ballon de basket n’est pas seulement un espace vide, mais il est défini par le ballon et ses interactions avec les surfaces qui le contiennent.
Le Temps
Le temps est considéré par Aristote comme la mesure du mouvement selon l’avant et l’après. Le temps n’existe pas indépendamment, mais dépend des événements qui se produisent dans le monde. C’est un continuum dans lequel le changement est vécu, et sa compréhension est essentielle à la physique.
Exemple : Le temps se mesure par le mouvement des objets, comme la rotation de la Terre, ce qui nous donne la notion de jours et de nuits.
Les Substances du Monde Terrestre
Le monde terrestre est composé d’une variété de substances, chacune avec ses caractéristiques propres. Ces substances peuvent être classées en :
- Éléments : L’eau, l’air, la terre et le feu sont les éléments fondamentaux du monde.
- Mélangés : Composés de combinaisons de ces éléments, ils varient dans leurs propriétés.
Exemple : L’eau est un élément en soi, mais un nuage est un mélangé, puisqu’il est formé d’eau sous forme de vapeur et d’autres particules en suspension dans l’air.
Les Principes : La Matière, la Forme et le Composé
Aristote soutient que tout être est composé de matière (le principe passif) et de forme (le principe actif). Le composé est l’unité de matière et de forme, qui constitue les objets concrets existant dans le monde.
Exemple : Un bloc d’argile (matière) prend la forme d’une sculpture (forme) lorsqu’un sculpteur la modèle.
Les Éléments
Les éléments (eau, air, terre, feu) sont les composants de base qui, combinés en différentes proportions, donnent naissance aux différents corps du monde. Chaque élément possède des qualités particulières, comme l’humidité, la sécheresse, la chaleur ou le froid.
Exemple : Le feu est l’élément caractérisé par sa chaleur et sa sécheresse, tandis que l’eau a des qualités froides et humides.
Les Mélangés
Les mélangés sont des substances issues de la combinaison des éléments. Ces composés peuvent avoir des propriétés nouvelles, absentes des éléments pris isolément, et représentent le monde sensible tel que nous l’expérimentons.
Exemple : Une pierre est un mélangé d’éléments comme la terre et l’eau, avec des propriétés qui ne se réduisent pas à celles des éléments séparés.
La Génération et la Corruption
La génération et la corruption sont des processus fondamentaux dans la physique aristotélicienne. La génération est le processus par lequel une chose vient à l’être, tandis que la corruption est le processus par lequel elle cesse d’être ce qu’elle était originellement.
Exemple : Lorsqu’une graine devient une plante, nous assistons à un processus de génération. Si la plante meurt et se décompose, nous assistons à un processus de corruption.
La Substance Individuelle
Dans la philosophie d’Aristote, la substance individuelle est l’entité qui existe par elle-même, de manière indépendante. C’est l’être particulier, comme une personne, un animal, une plante ou un objet physique, qui a une existence propre. Les substances individuelles constituent la réalité concrète et sont composées de matière et de forme.
- Matière : La substance en puissance, ce qui est capable de recevoir une forme.
- Forme : La substance en acte, c’est-à-dire la structure ou définition qui donne son identité à la substance.
Par exemple, un arbre est une substance individuelle parce qu’il a une existence propre ; il ne dépend pas d’autre chose pour être ce qu’il est.
Le Mouvement
D’autre part, le mouvement (chez Aristote) n’est pas une substance, mais un processus de changement qui peut survenir dans les substances. Aristote définit le mouvement comme le changement de lieu ou la modification des qualités d’une substance. Le mouvement est ce qui permet à une substance de passer d’une potentialité à un acte.
Le mouvement est donc compris comme une transition ou un changement de l’être, que ce soit en termes de localisation (translation), de qualités (altération) ou de composition (génération et corruption).
Différence clé :
- La substance individuelle est une entité statique dans son existence (même si elle peut posséder plusieurs qualités changeantes).
- Le mouvement est un processus qui décrit comment cette substance change dans certaines de ses qualités ou dans sa localisation.












